Compte rendu du 3. colloque international CICY3: (Cyber)harcèlement : normes et résistances dans les sociétés méditerranéennes et au-delà
Compte rendu du 3. colloque international CICY3
(Cyber)harcèlement : normes et résistances dans les sociétés méditerranéennes et au-delà
Université Galatasaray, Istanbul, 27-28 avril 2026
Les 27 et 28 avril 2026 s’est tenu à l’Université Galatasaray le troisième colloque international consacré au (cyber)harcèlement (CICY3), réunissant des chercheur.e.s autour de la thématique : « Normes et résistances dans les sociétés méditerranéennes et au-delà », en partenariat avec l’Université catholique de l’Ouest, l’Université Paul-Valéry Montpellier et l’Université de Lorraine. Cet événement scientifique a été financé par le Consortium de GSÜ et les établissements partenaires impliqués.
Dès la conférence inaugurale, donnée par la professeure Ipek Merçil (Département de sociologie, Université Galatasaray), consacrée aux dynamiques de contrôle dans les relations de flirt à l’ère numérique dans le contexte turc, le cadre analytique était posé. L’intervention a montré que le harcèlement et les violences interpersonnelles prennent forme au cœur même des interactions les plus intimes, notamment dans les premiers rapports amoureux. Elle a souligné la difficulté, pour les victimes — en particulier les jeunes femmes — d’identifier et de qualifier ces violences, souvent inscrites dans des logiques de domination genrée. Cette session plénière a ainsi proposé une lecture à la fois genrée et contextualisée des rapports de pouvoir qui structurent les interactions, en ligne comme hors ligne.
Les sessions suivantes, qui se sont déroulées en français et en anglais, ont prolongé cette perspective en multipliant les angles d’analyse, témoignant d’un caractère résolument multidisciplinaire. Sociologie, sciences de l’information et de la communication, études de genre, socio-sémiotique, droit et sciences de l’éducation ont dialogué tout au long des deux journées.
Cette troisième édition du colloque CICY s’est par ailleurs caractérisée par un ancrage international marqué. Des communications issues de différents espaces — notamment la France, la Turquie, la Pologne, mais aussi le Maghreb (Maroc, Algérie), le Canada (Québec) et le Niger — ont permis de mettre en perspective les formes locales de cyberviolence tout en soulignant des enjeux communs, tels que la régulation des discours en ligne, les inégalités de genre ou encore l’accès à la justice pour les victimes.